Dégâts sur le chemin de Saint-Jacques (article Sud Ouest)

Suite à nos échos de cette affaire sur ce site web, le Journal Sud-Ouest a publié l’article suivant le 8 mai dernier.
C’est en s’entraînant pour La Bonaguil, à la fin du mois de mars, que Patrick Fabre a découvert « le désastre ». Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (GR 652), l’ancien maire de Penne-d’Agenais a trouvé une parcelle entièrement défrichée. Un peu plus loin, l’agréable chemin de randonnée a été « saccagé » par le passage d’un engin. Sur quelque 150 mètres, des arbres ont été arrachés et les souches poussées dans le talus. Le nivellement ayant également entraîné une remontée de pierres. Assez désagréable pour une balade.

Des règles strictes
Pour Patrick Fabre et Jean Noirez, ex-adjoint à l’urbanisme, cette dégradation est « inadmissible » : « Nous sommes dans un espace boisé classé. Même sur les parcelles privées, les coupes de bois sont soumises à des autorisations strictes», indiquent les anciens élus en brandissant la législation. Quant à l’utilisation du chemin, classé en GR (Grande Randonnée) en 2007 par le Comité départemental du tourisme, elle répond aussi à des règles ne prévoyant en aucun cas son élargissement pour le passage d’engin…

« J’ai interpellé le maire. Il m’a répondu brièvement en me disant qu’il n’allait pas porter plainte », lance Patrick Fabre, faisant part de sa « colère » : « Si on n’est pas capable de prendre des mesures aujourd’hui, c’est la porte ouverte à d’autres destructions. Un maire doit protéger son territoire de toutes les agressions. »

Mais l’ancien (futur ?) rival de Patrick Fabre aux élections municipales, Arnaud Devilliers, assure prendre les choses en main. « Il y a quatre ou cinq ans, un riverain a défriché sa parcelle sans autorisation et a empiété sur celle de son voisin. Récemment, celui-ci a voulu nettoyer sa parcelle. Pour y accéder, il a empiété sur le GR et l’a nivelé. »

Le maire dit avoir reçu un des deux riverains concernés, le second « n’habitant pas à temps plein sur la commune ». Tous deux devront effectuer une demande de travaux auprès des services de l’État afin de régulariser leur dossier. Étant donné que cela se fait a posteriori, si l’avis est défavorable, ils pourraient être contraints d’effectuer des réimplantations d’espèces. Quant aux dégradations sur le chemin, le maire explique être en train « de définir le statut juridique exact avant de prendre des mesures ».

« Nous avons été mis devant le fait accompli, nous tentons de trouver des solutions pour atténuer les dégâts », souligne l’élu.

Et d’ajouter : « Nous n’allons pas porter plainte car nous considérons que tout le monde a droit à l’erreur. Ce n’est pas en dénonçant les gens que l’on fait avancer les choses… »
[Article par Mathilde Royer, et photo de Sud Ouest]